J’en connais un/une dont le signe astro est sûrement Balance

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Bon, la grande distribution, ça n’a jamais été l’ambition de ma vie. Si j’y suis actuellement, à mettre des produits en rayon et à subir des clients qui puent la mort dès le matin, c’est parce que mon homme m’a obtenu ce poste et que je ne pouvais pas dire non, vu ma situation financière.

N’étant pas quelqu’un de sociable, je ne parle quasiment à personne. Juste, vaguement, à ceux qui me connaissaient de mes précédents contrats dans l’entreprise (j’y ai fait beaucoup de petits CDD). Et encore, je ne suis pas bavarde, j’écoute plus qu’autre chose.

Dans ces conditions, difficile de se dire que j’ai pu blesser quelqu’un ou même me faire haïr. Et pourtant, visiblement, si.

Je ne sais pas qui. Je sais juste que c’est quelqu’un qui est syndiqué et représente le personnel puisqu’il s’est exprimé pendant un CE, dans mon dos.

Quand un CDI s’est libéré dans l’entreprise, pour un rayon qui en plus est raccord (à peu près hein, c’est la grande distribution pas un magasin bio spécialisé) avec ma formation, je me suis positionnée dessus immédiatement.

N’ayant pas de nouvelles, j’ai fini par aller voir le directeur pour savoir ce qu’il en était… et je suis tombée des nues.

Il m’a dit que pendant un CE, quelqu’un lui avait « envoyé en pleine gueule » (ce sont ses termes, alors qu’il est plutôt poli et posé) que j’étais en couple avec un gars de l’entreprise et que ça dérangeait, car ça entrait en désaccord avec la politique de l’entreprise qui refuse les couples et la famille proche au sein d’un même magasin.

Je ne sais pas où est écrite cette règle, car je ne l’ai jamais lue dans le règlement intérieur, mais on me l’a déjà envoyée dans les dents et apparemment les hautes sphères ne plaisantent pas avec ça.

Pourtant, bizarrement, on a déjà des couples au sein du magasin (et qui ne s’y sont pas formés hein, le conjoint a été embauché alors qu’il était déjà en couple) et plus le grade des gens est élevé, moins ils ont de mal à caler leurs proches au sein du magasin. Je ne me suis pas privée de le dire au directeur, qui est d’accord avec moi, mais il ne peut pas se permettre de prendre le risque au vu de la malveillance de la personne concernée.

Il m’a dit que ça l’embêtait, car il apprécie mon travail qu’il a qualifié de « très bon » et voit bien que je suis qualifiée pour le poste, mais il ne peut pas prendre le risque de passer outre un problème qui a été soulevé devant témoins. Il ne peut pas me faire signer le CDI en prétendant ne pas savoir puisque ça a été balancé en public.

Le pire dans tous ça, c’est que je ne connais pas grand monde, qu’à ma connaissance je n’ai froissé personne, je ne sais même pas qui est représentant du personnel. Je n’ai pas le CDI parce qu’une personne que je ne connais même pas, et qui n’est jamais venue me dire en face que ma présence la dérangeait, a bavé sur ma tronche pendant un CE.

Niveau poisse, on touche le fond ! En parlant à si peu de monde, comment est-ce que j’ai pu me faire des ennemis ? Je m’en fous des gens, je suis juste là pour travailler !

J’aurais enfin pu connaître un peu la stabilité, dans un magasin à peu près compréhensif du handicap, mais non. Il a fallu que la malveillance naturelle des êtres humains vienne s’en mêler. Et après, on va me reprocher ma misanthropie !

Une chose est sûre, ma motivation et mon moral ont pris un énorme coup dans les dents. J’ai l’impression d’avoir pris un train en pleine face, ça me déprime, je n’ai juste plus envie de mettre les pieds dans le magasin. Enfin, si, juste assez pour découvrir qui est la balance en question (les listes des représentants du personnel sont sûrement disponibles, par déduction on trouvera bien) et aller la confronter. Je t’ai fait quoi au juste, connard ? Les syndicats ne sont pas censés aider le personnel ? C’est la deuxième fois qu’un putain de syndicat vient me mettre des bâtons dans les roues. J’ai un karma avec eux, ce n’est pas possible. Si c’est encore la CFDT je vais péter une durite.

Là, j’ai juste envie de me rouler en boule dans un coin pour pleurer sur ma malchance.

Une chose est sûre, je vais continuer à regarder les offres d’emploi. Et dès que je peux me barrer, je me barre.

Le directeur m’a dit d’être patiente et de continuer en CDD, parce qu’avec un peu de chance d’ici quelques mois on m’aura oubliée. Mais j’ai des doutes. Si quelqu’un que je ne connais pas a pu être malveillant à ce point, on ne m’oubliera pas. Il m’a aussi dit qu’il pouvait appuyer ma candidature dans un autre magasin, mais le problème, c’est qu’en grande distribution je ne tiens que parce que mon homme est là pour compenser mes faiblesses. Sans lui, je ne peux pas exercer en grande distribution, ou alors dans un tout petit magasin.

Bref, je suis encore plus écœurée par les gens, par le monde du travail, par ces putain de syndiqués flemmards qui ne pensent qu’à leur gueule, j’ai envie de hurler et de péter des dents. Pourquoi encore moi ? Qu’est-ce que j’ai fait à ce putain de magasin ?

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Par respect pour les victimes, doit-on s’arrêter de vivre ?

J’imagine que vous êtes au courant au vu de la hype, mais la nouvelle saison de Game of Thrones a repris et à chaque épisode, on voit les hashtags en top tendance sur twitter.

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Dessin de AlexielApril sur deviantart

Mais aujourd’hui, un message m’a particulièrement agacée. Un homme qui râlait sur le fait que les gens préfèrent parler du nouvel épisode de Game of Thrones que de ce qui se passe au Sri Lanka.

Dans ces moments-là, je ne peux pas m’empêcher de penser, mais quel est le rapport ? Oui, il y a encore eu un attentat, oui, il y a encore eu des morts.

Chaque jour, sur Terre, il y a des violences, des catastrophes naturelles, des enfants esclaves dont vous avez d’ailleurs sûrement déjà acheté les fringues à un moment donné. L’homme est naturellement violent et très inventif pour trouver de nouvelles manières de buter son prochain. Et la nature en rajoute une couche, parfois.

Est-ce que, pour autant, on doit s’arrêter de vivre ? Est-ce que regarder une série de temps en temps veut dire qu’on ne peut plus se préoccuper du reste ? Est-ce que, parce qu’il y a eu des violences, on doit rester dans un état de dépression permanent et ne plus avoir le droit d’apprécier quoi que ce soit, parce que c’est irrespectueux pour les victimes ?

J’ai du mal à comprendre cette volonté de vouloir tout mettre dans le même panier, de vouloir moraliser la vie des gens. C’est un peu comme ceux qui viennent crier « et nos SDF ? » à chaque fois que de l’argent est injecté dans un projet, alors qu’eux-mêmes n’ont jamais donné un seul euro à un SDF. Est-ce que c’est une volonté de se poser en sauveur de la morale ? Mais quel est le but derrière ? Forcer les gens à être en permanence en dépression en les forçant à avoir les yeux rivés sur toutes les violences ?

Ce n’est pas parce qu’on est pas focalisés sur un problème à chaque instant que l’on oublie ce qui se passe dans le monde. Ou même chez nous. Cependant, parfois, on a besoin de souffler. Notre société hyper-connectée nous pousse à être au courant de tout, et c’est une overdose d’informations, souvent glauques et violentes, qui nous sollicite en permanence.

C’est normal de vouloir souffler.

Alors prenez votre morale à deux francs six sous, pliez la, et carrez la bien profondément dans votre derrière, de manière à ce qu’elle n’en ressorte jamais. Non seulement ça nous fera des vacances, mais en plus, ça vous évitera de passer pour des moralisateurs à deux balles.

Laissez donc les gens s’amuser et vivre. Que l’on regarde un épisode de Game of Thrones ou non, ça ne changera pas grand chose à la situation des victimes de violences et catastrophes. Y penser en permanence ne changera rien à leur sort non plus.

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Dessin par elia-illustration deviantart

L’art de se culpabiliser après coup

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Source : noronori, deviantart

Il y a un peu moins de trois ans, j’ai eu l’occasion de travailler dans une entreprise qui ne recrutait que des personnes handicapées. C’était un contrat de six mois qui débouchait sur un CDI. Et en plus de ça, le taf était vraiment pépère. Même en faisant le boulot des autres, je trouvais le moyen de m’ennuyer.

En soi, tout aurait pu bien se passer. Quand on a beaucoup de fatigue chronique, trouver un travail tranquille sans aucun effort, c’est le rêve.

Sauf qu’évidemment, malchanceuse au possible, je suis tombée dans une antre de fous. Ma cheffe était fumeuse, et fumait/vapotait DANS les locaux (locaux sans fenêtres en plus). Je ne sais même pas comment elle faisait pour ne pas déclencher les arrosoirs anti-incendie. Évidemment, vu mon handicap respiratoire, je lui avais vite demandé d’arrêter, mais elle refusait. Elle était d’une rare malveillance, toujours à parler dans le dos des gens, à faire des crasses, et surtout à refuser tout ce qu’on lui demandait. Elle ne faisait même pas son travail.

J’ai vite alerté mes supérieurs, mais rien n’a été fait. Ma supérieure était trisomique, et du coup, on me demandait de prendre sur moi et de ne pas lui en vouloir, car « elle ne sait pas ce qu’elle fait ». Prendre sur moi, alors qu’elle me bouffait la santé et que surtout, elle savait très bien ce qu’elle faisait. Un handicap mental ne signifie pas être un innocent petit agneau. Un handicapé mental reste un être humain, avec tout ce que ça implique en termes de travers. Cette femme, elle entrait dans mon bureau en dansant, répandant sa fumée partout, en me disant « t’aimes pas ça hein ? Ca te fait tousser hein ? ». Elle SAVAIT qu’elle faisait du mal. Et je n’avais aucun soutien de ma hiérarchie. Rien que de l’écrire, je vibre de haine en y repensant.

A la fin de mon contrat, on m’a proposé d’abord un CDI, que j’ai refusé, mettant en avant la détérioration de mon état de santé. On m’a alors proposé un autre contrat, mais mon supérieur était incapable de me dire quoi que ce soit dessus : CDD, CDI, temps plein, temps partiel, situé où… ? Une quelconque amélioration si je rencontre à nouveau un collègue qui prend plaisir à me tuer la santé ? En fait, l’entreprise voulait juste me garder sous le coude car il semblerait que les handicapés compétents soient rares.

Sur le coup, quand je suis partie, j’ai trouvé ça légitime. J’étais dans un état de santé pitoyable, j’ai mis plusieurs mois à m’en remettre au niveau respiratoire, et moralement parlant, j’étais au trente-sixième dessous, j’en avais marre d’avoir une telle poisse. Quand enfin je trouve un contrat, il faut que ça se passe mal !

Mais évidemment, une fois remise, l’auto-flagellation a commencé. Encore aujourd’hui, je suis prise de phases de culpabilisation, pendant lesquelles je me dis que j’aurais pu tenir, que ce n’était pas si terrible, que ça faisait un salaire, etc. Une fois partie de l’environnement toxique et destructeur, c’est facile de culpabiliser. J’ai vite oublié tous les problèmes, j’ai vite oublié mon état de santé, toutes ces visites à l’hôpital et ces médicaments ingurgités pour tenter de rattraper les dégâts de la clope de cette sombre pute à qui on pardonnait tout.

Pourquoi j’en reparle aujourd’hui ? Parce que j’ai de nouveau vu une offre de cette entreprise passer. Et j’ai mis plusieurs jours à me tâter, est-ce que je vais postuler ? Actuellement, j’ai un travail, mais c’est un travail physique, et je ne sais pas combien de temps je vais l’encaisser, même si actuellement je me stabilise niveau fatigue.

Finalement, l’offre a disparu, j’ai tergiversé trop longtemps. Mais ça ne veut pas sortir de ma tête, l’idée que j’aurais pu échapper aux années de galère financière si j’étais restée. L’idée que j’aurais pu tenir.

Je dis ça, mais moi, la placide, j’étais à bout au point d’en arriver à frapper quelqu’un. Car oui, à un moment, j’ai craqué, et un jour où elle venait me souffler sa fumée en pleine tronche, je l’ai frappée, au point de faire un éclat dans le mur en verre et de lui péter le nez. Je me suis arrêtée à temps. J’en étais folle. Mais je trouve le moyen de me dire que j’aurais pu tenir, alors que je sais que non. J’aurais de nouveau craqué, et je ne me serais pas arrêtée. Ma placidité a toujours été de façade. Si on me pousse dans mes derniers retranchements, je suis d’une rare violence. Je suis dangereuse. Surtout si je me sens en danger. C’est un peu comme si, dans mon cerveau, il y avait une deuxième personne pour prendre le relais par rapport à la fille placide qui parle à peine et est réticente à se défendre.

Et aujourd’hui, je suis de nouveau face à un cas de conscience.

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Actuellement, je suis en CDD, et c’est un CDD de longue durée. J’en ai encore pour jusqu’à la fin de l’année, au moins (si je tiens physiquement, mais ça devrait être le cas).

Or, un CDI s’est libéré. J’ai posé une option dessus, évidemment, même si l’entreprise et le travail en soi ne me plaisent pas. Parce que je sais que si je ne le fais pas, je vais m’en vouloir d’être de nouveau passée à côté d’un CDI.

C’est une entreprise qui m’a fait un nombre incalculable de coups de pute, et donc, c’est parfaitement possible qu’ils me refusent ce CDI, alors qu’ils n’ont en soi aucune raison valable : mon CDD a été renouvelé plusieurs fois, donc je donne satisfaction, on ne m’a jamais rien reproché, et en plus, contrairement aux autres, quand j’ai fini mon rayon je vais aider ailleurs (les autres eux, quand ils ont fini, ils vont glander en réserve).

Et je me dis que si on me refuse de CDI, et qu’on m’impose de travailler à côté de la personne qui l’aura eu jusqu’à la fin de l’année, alors que je suis particulièrement qualifiée pour l’obtenir (il s’agit d’un CDI dans le rayon bio/diététique/compléments alimentaires, ce qui est raccord avec mon diplôme obtenu récemment et que j’ai bien mis en avant), je vais juste complètement péter un câble.

Parce que ce ne sera pas le premier coup de pute de l’entreprise et qu’au bout d’un moment, il faut arrêter de se foutre de ma gueule.

Si ça devait arriver, j’ai juste envie de lâcher le CDD, malgré le confort financier. Et mon homme me soutient totalement, car lui aussi trouverait ça injuste et dégueulasse.

Sauf que je me connais : si je fais ça, au début je trouverai ça légitime, puis après je vais me culpabiliser en me disant que j’aurais pu mettre ma fierté de côté pour continuer histoire d’empocher l’argent. Et ce encore plus sachant que je vais galérer à retrouver quelque chose après.

Bien sûr, ça ne sert à rien de faire des plans sur la comète : j’aurai peut-être ce CDI et s’ils me refusent, ils ont intérêt à avoir des arguments béton -mon diplôme de naturopathe apporte une telle plus-value au rayon que s’ils prennent quelqu’un d’autre, il faut pouvoir le justifier-, mais je suis une habituée des coups de pute de la boîte et je me prépare au pire.

Mais ça me ferait chier.

Je ne sais pas comment réagir.

Mendokusai.

sloth

Par le feu, de Will Hill, dans la tête d’une secte

par le feu

Est-ce que vous vous êtes déjà demandé ce qui pouvait bien passer par la tête des gens qui se laissaient embrigader dans une secte ? Ce qui pouvait bien pousser des gens à s’isoler de toute leur vie, toute leur famille, pour suivre une idéologie trop belle pour être vraie ? Ce que ces gourous ont de si attirant pour retourner le cerveau des gens aussi facilement ?

Quand j’étais gosse, j’avais un groupe de témoins de Jéhovah dans mon quartier, et ma « meilleure amie » de l’époque en était une. Et quand j’y repense, c’est hallucinant le point auquel cette secte utilisait les enfants à des fins de propagande, pour faire du forcing auprès de leurs camarades, pour les convaincre de venir « pour voir ». Ma mère avait vite mis le holà en essayant de me parler des dangers des sectes, mais à l’époque j’avais du mal à voir en quoi ce qui était censé être une fête était dangereux. Et c’est là que, justement, ça devient dangereux : parce que ça commence par une « fête » et ensuite ça finit en lavage de cerveau…

Il faut savoir que ce roman est une fiction inspirée d’une histoire vraie : celle de la « tragédie de Waco« , qui a vu un camp de la secte des Davidiens pris d’assaut par l’armée américaine. Cet assaut fut un véritable bain de sang, avec 86 morts (dont quelques soldats de l’armée), dont des enfants. Il se trouve que cette secte était en possession d’armes obtenues de manière illégale.

L’histoire se place du point de vue de Moonbeam, survivante de la tragédie, qui se retrouve avec d’autres enfants survivants en thérapie dans un centre spécialisé. Le but est à la fois de leur soutirer des informations sur leur vie au sein de la secte, et de les aider à comprendre le monde extérieur qui leur a toujours été présenté comme démoniaque.

J’ai justement beaucoup aimé le fait que l’histoire soit présentée en fonction des entretiens de Moonbeam avec le thérapeute. Cela permet de voir son évolution, du début où malgré ses doutes elle garde des réflexes de sa vie passée dans un camp fermé sans aucune éducation. On a également une idée de la manière dont sont accompagnées les personnes qui sortent de ce type de secte ultra-fermée qui coupe ses membres du monde.

Je vous avoue que j’ai eu un peu de mal avec ce type de narration, qui alterne entre passé et présent, mais ça permet de mettre en avant le fait que cette vie au sein d’une secte était comme vivre dans un autre monde, avec ses propres règles qui échappent aux lois du pays dans lequel elle est implantée.

Le sens de l’observation aiguisé de Moonbeam nous permet de nous mettre dans la tête de ces gens qui suivent un gourou sans hésiter, prêts à tout accepter, y compris le pire. De nous donner une idée du pouvoir de persuasion de certaines personnes, mais aussi des limites de ce pouvoir.

Tout du long, on se demande comment les habitants de ce camp peuvent accepter de telles exactions, une telle vie, au sein du monde moderne. On essaie de comprendre, de trouver des excuses, mais pourtant rien ne justifie certains actes, certaines « punitions ». Sans parler des enfants qui naissent au sein de ces sectes fermées et qui grandissent sans éducation puisque « tout ce qu’il y a à savoir se trouve dans la Bible ».

Une chose est sûre, ce n’est pas le genre de livre qui me fera changer d’avis sur la religion, mais je l’ai trouvé très intéressant dans son traitement de la psychologie des personnages. Il fait froid dans le dos, car c’est vraiment difficile de comprendre lorsqu’on est pas très croyant, mais il a le mérite d’apporter un point de vue à tous. Tous les personnages sont traités, ont un cheminement, une personnalité, même vus à travers les yeux de Moonbeam.

Si je devais donner un avis bref, je dirais que ce n’est pas le genre de livre qui casse trois pattes à un canard, mais qu’il est important de lire au moins une fois, pour avoir une véritable idée (car c’est très très fortement inspiré d’une histoire vraie) de ce qui se passe au sein d’une secte moderne. Je l’ai trouvé vraiment intéressant et je pense le relire plus attentivement pour mettre le doigt sur certains aspects que j’ai manqués ! C’est un récit vraiment glaçant mais réaliste.

Meilleur anniversaire du monde (ou pas)

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Source : Nhienan, deviantart

J’avoue que depuis que j’ai commencé le travail, je n’écris juste plus. Je ne prends pas le temps de le faire, entre la fatigue et l’absence totale de motivation… pourtant j’ai des idées, mais la flemme est plus puissante que l’envie !

Mais cet article n’est pas là pour parler du boulot, mais de mon entretien avec le médecin-conseil. J’ai fini par y passer, malheureusement il le fallait bien, puisque malgré mes efforts pour trouver du travail dans une autre région, ce fut un échec total.

D’ailleurs, en recevant ma convocation, j’ai eu un espoir : d’habitude, le nom du médecin-conseil figure dessus, et là, il n’y avait rien. En plus de ça, mon rendez-vous était dans un autre endroit. Je me suis dit que finalement, quelque part, mes deux plaintes avaient été prises en compte et que plus jamais on ne me laisserait approcher ce médecin-conseil maltraitant et odieux.

Mon espoir fut malheureusement de courte durée, puisqu’une fois sur place, alors que j’étais dans la salle d’attente, j’ai vu sortir de son bureau… le médecin-conseil habituel. Mon ventre s’est serré immédiatement, puisque je m’attendais à prendre cher, une fois de plus.

J’y suis allée avec mon homme, puisque bizarrement, quand il est avec moi, le médecin-conseil passe de connard odieux et maltraitant à type tout crème qui ose à peine me toucher et qui ne se permet pas de réflexion déplacée.

Sauf que cet entretien là, c’était juste une autre dimension.

Le médecin-conseil… ne se souvenait pas de moi. Mais vraiment absolument pas. Pourtant je n’ai pas l’impression d’avoir tellement changé en deux ans… et puis merde, j’ai porté plainte contre lui, il devrait, je sais pas, avoir la haine, être rancunier…?

Une autre dimension. Vraiment. J’ai cru faire un entretien avec un type ayant d’énormes trous de mémoire. Il m’a posé plusieurs fois les mêmes questions, cherchait souvent ses mots (au vu de son accent sa langue maternelle n’est probablement pas le français), s’est même aperçu au cours de l’entretien que ce n’était pas ma première demande (et deux fois en plus)… avec mon homme on se regardait en mode « mais what the fuck« .

Qu’il ne se souvienne pas du tout de moi est une bonne chose si je veux éviter de partir en procédure contre la MDPH pendant 50 ans pour faire valoir mes droits comme ce fut le cas à une époque, mais j’ai sincèrement halluciné pendant tout l’entretien. Il m’a même encore parlé de la comptabilité comme secteur qui recrute à fond pour me conseiller d’y aller, comme il l’avait fait les deux fois précédentes. Comme si je remontais le temps. Cette fois encore, je lui ai dit que les chiffres et moi ça faisait 15 et que de toute façon le GRETA m’avait refusée.

J’ai aussi pu constater qu’il n’avait aucun papier parlant de mon endométriose. Tu m’étonnes ! La dernière fois, alors que je faisais une crise sous ses yeux, il m’avait dit que ce n’était pas une véritable maladie et que c’était pour les chochottes ne voulant pas admettre qu’avoir mal pendant les règles est normal. Ce jour-là il avait dû se débarrasser des papiers que je lui avais donnés. Ce qui ne m’arrange pas, car je n’ai pas de réel suivi vis à vis de cette maladie, ayant échoué à trouver un soignant qui ne soit pas condescendant et paternaliste. Du coup, je n’ai aucun papier récent et je ne peux pas vraiment lui dire que je me laisse mourir sans rien faire.

Il était également à fond sur le fait que je travaille. C’était un gros contraste par rapport aux reproches que j’avais pris en pleine tête la dernière fois. Mais il a trouvé le moyen de ne pas être content en me disant que je serais mieux avec un mi-temps. En soi, ce n’est pas forcément faux, mais il faudrait savoir : je prends ce qu’on me donne ou pas ? Je ne trouve absolument rien en dehors du piston que mon homme me fait pour travailler dans sa boîte, donc soit je prends et ça me permet d’épargner un peu, soit je me laisse crever avec mon AAH calculée en fonction des revenus du foyer qui me rend dépendante et qui ne me laisse aucune possibilité d’épargner.

Au moins, cette fois, je n’ai pas eu trop de mal à faire passer ma demande de RQTH et de carte de priorité. L’AAH a été un poil plus délicate, mais un poil. Il n’était pas trop choqué que je lui dise que ça me permettait d’avoir un filet de sécurité pour après mon contrat puisque sans piston je ne trouvais rien. Il était même d’accord lorsque je lui ai dit que la plupart des entreprises n’avaient pas envie de s’embêter à aménager des postes pour les personnes handicapées et préféraient payer l’amende plutôt que d’en embaucher.

Il a aussi parlé d’un suivi psychologique, ce qui en soi n’est pas déconnant, j’en ai déjà parlé sur ce blog, mais j’ai un gros blocage vis à vis des psys que je n’arrive pas à lever. Pourtant je pense qu’un suivi temporaire pourrait me servir. Mais je n’y arrive juste pas. Parler à quelqu’un qui est payé pour m’écouter. C’est tellement malsain. Tellement faux.

Par contre, pas un mot sur l’affiliation de ma mère à l’assurance-vieillesse, ce qui pue un peu pour elle. Je lui en veux pour énormément de choses vis à vis de mon éducation, mais je ne suis pas ingrate au point d’être incapable de reconnaître son sacrifice : avec le recul, elle ne pouvait juste pas cumuler travail et s’occuper seule d’une gosse handicapée. Mes problèmes étaient imprévisibles, frappaient n’importe quand et surtout quand il ne fallait pas. Je l’ai souvent vue devoir partir de son travail pour venir me chercher et me ramener à la maison, et forcément, elle n’était pas gardée bien longtemps. Et quand je suis partie du nid, elle avait un trou de 20 ans dans le CV. Comment retrouver quelque chose avec ça quand on a plus de 50 ans ?

Je ne saurais pas dire comment cet entretien s’est passé. Clairement mieux que la dernière fois, c’est sûr, mais qu’est-ce qui me dit que le médecin ne va pas retrouver la mémoire en potassant mon dossier pour la commission (ce n’est pas lui qui décide de mes prestations mais la commission, lui, il donne juste son avis de médecin sur ma santé), se rendre compte que je suis la personne qui a porté plainte contre lui et donc me descendre ? Il a aussi beaucoup insisté sur le fait que ce n’était pas lui qui décidait, un peu comme s’il cherchait par avance à se dédouaner de ce qui allait arriver.

Je n’ai pas encore eu le résultat de la commission, j’espère qu’il sera positif, parce que je n’ai clairement pas envie de partir dans des procès à tire-larigot. Maintenant je n’ai plus qu’à espérer… mais au moins l’entretien est derrière moi.

Les pieds plats

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Avec mes soucis de santé respiratoires et gynécologiques, ce n’est que très tard que je me suis intéressée à la podologie. Et encore, c’est ma mère qui m’a traînée chez la podologue, car il s’agissait de ma cousine qui venait de s’installer et qu’il fallait encourager la famille.

J’avais des soucis de posture, mais rien de dramatique non plus, du moins à mes yeux. J’avais d’autres préoccupations. Cependant, ma cousine a tout de suite remarqué que j’avais « un pied très plat » et que mieux valait me faire des semelles adaptées. Comme c’était ma cousine, elle était arrangeante pour le paiement en plusieurs fois (les semelles orthopédiques sont très très peu remboursées) et donc, emballé c’est pesé, j’ai eu des semelles jusqu’au début de l’âge adulte.

Puis avec le chômage, le manque de moyens et mon déménagement en région parisienne, j’ai complètement oublié cette histoire de pieds plats.

J’avais bien remarqué qu’en cas de longue marche je me retrouvais avec des douleurs aux pieds et aux chevilles, mais je mettais ça sur le compte de mon manque d’activité au quotidien.

Et puis j’ai de nouveau accepté un contrat d’employée libre-service dans le magasin de mon homme, ce qui implique beaucoup de marche (on ne peut pas laisser les palettes au beau milieu des rayons avec les clients, donc on les met au bout et on fait plein d’allers-retours pour prendre les cartons et mettre en rayon), et donc… beaucoup de douleurs. Cette fois, c’est un contrat longue durée, plus long que tout ce que j’ai eu dans cette entreprise jusqu’ici, et donc je ne peux pas me dire que je n’ai qu’à encaisser la douleur jusqu’à la fin du contrat.

Du coup, j’ai profité d’une de mes séances de kiné respiratoire pour demander au kiné s’il avait une idée de ce qui pouvait provoquer de telles douleurs, au point de ne même plus pouvoir poser mon pied par terre sans avoir l’impression de me faire taper dessus avec un marteau. Il était étonné, a examiné mon pied et a tout de suite vu le « pied très plat, j’ai jamais vu ça, wow ». Mon homme a ricané comme quoi je n’avais vraiment rien pour moi niveau santé (ce n’est pas encourageant mais c’est vrai u_u) et le kiné m’a immédiatement dit de prendre rendez-vous avec le médecin pour me faire prescrire des semelles. Il a aussi utilisé des bandes pour relever mon pied, histoire d’essayer de me soulager le temps de pouvoir avoir mes semelles.

Le jour de mon anniversaire, je vais donc passer la matinée chez le médecin-conseil et l’après-midi chez le médecin classique pour des prescriptions à la con. Meilleure journée de ma vie.

Heureusement que je ne suis pas du genre à fêter les anniversaires, sinon j’en aurais gros sur la patate au niveau de la symbolique de la chose !

Si j’ai moins mal grâce aux semelles, le travail sera peut-être plus supportable.

Comme quoi il ne faut négliger aucun aspect niveau santé. Le kiné a même insinué que mes douleurs récurrentes au milieu du dos pourraient être dues à l’absence de semelles adaptées. Je n’en ai plus depuis des années.

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L’entretien fatidique arrive

Voilà, c’est officiel, j’ai reçu ma convocation pour l’entretien avec le médecin-conseil de la MDPH.

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Comme à chaque renouvellement, j’ai coché la petite case demandant une procédure accélérée sans besoin de déplacement, et comme à chaque fois, je suis convoquée quand même.

Comme à chaque fois, ils ont envoyé le courrier en rajoutant sur l’enveloppe « Mme Rhiannon, chez Mr » alors que nos deux noms sont sur le bail et que donc, je n’habite pas chez lui mais nous habitons chez nous. A chaque fois, je demande la correction. A chaque fois, ce n’est pas fait.

Et cette fois, ils me convoquent le jour de mon anniversaire. Histoire d’être bien lourdingues. Ce n’est pas suffisant de me chier copieusement dessus à chaque fois, non, faut en plus me convoquer un jour censé être une fête.

Et en plus, un matin, histoire de me sucrer une journée de travail. Bon ça ils ne pouvaient pas le deviner puisque quand j’ai constitué mon dossier, j’étais encore au chômage et je n’avais même pas les résultats de ma formation. Mais quand même, c’est pénible.

Par contre, chose étrange, d’habitude le nom du médecin-conseil qui va me recevoir figure sur la convocation, mais là, non. Est-ce lié à la plainte que j’avais posée contre l’ancien ? Ou est-ce que c’est juste un hasard et on va quand même me faire rencontrer un mec qui s’est révélé maltraitant envers moi ?

Pour rappel, la dernière fois, j’avais porté plainte à la fois à l’ordre des médecins et au commissariat car, alors que je faisais une crise de spasmophilie à cause de la douleur de mes règles, ce dit médecin m’avait laissée convulser à terre en me disant d’arrêter de simuler juste pour qu’on me renouvelle l’AAH. Ma plainte au commissariat avait été classée sans suite faute de preuves (il aurait suffi de regarder les caméras mais visiblement c’était trop demander) et l’ordre des médecins ne m’a tout simplement jamais répondu. Donc le type s’en est sorti comme une fleur. Alors qu’il bosse avec des personnes handicapées, malades.

Ce serait quand même sacrément gonflé de me faire rencontrer le même, mais je ne sais même pas s’il y a un autre médecin. Au pire, je verrai bien. Mais si c’est le même, l’ambiance va être sacrément tendue, car il a sûrement été mis au courant de ma plainte.

Cette fois, mon homme va m’accompagner, on a tous les deux posé notre matinée. Quand il m’accompagne, j’ai toujours l’impression de passer pour une mythomane car le médecin-conseil passe de connard fini à mec tout crème qui ne me fait aucune réflexion ni rien. Et qui n’insiste pas quand on se met à deux pour le contredire si jamais il balance une de ces énormités dont il a le secret.

Le problème, c’est que mon homme est encore plus rancunier que moi, et il a prévu de « dire deux mots » au médecin-conseil. Comprendre par là, l’insulter, lui mettre le nez dans sa merde, voir le menacer. J’ai essayé de lui demander de ne pas venir à cause de ça : non pas que je veuille me laisser faire, mais en attendant, si le médecin ne me renouvelle pas à cause des menaces, ce n’est pas mon homme qui va passer des mois, voir des années en procédure pour retrouver ses droits. Lui, il va juste se contenter de râler et de dire qu’il avait raison de cartonner le médecin.

Et passer des années en procédures, je l’ai déjà fait il y a longtemps. C’était vraiment usant. Des rendez-vous sans arrêt pour enrichir mon dossier, prouver que je suis handicapée (c’est dans mes gènes, vous voulez quoi de plus ?), devoir courir partout pour récolter trois sous pour vivre en attendant qu’on me redonne l’AAH (aujourd’hui je pourrais demander le RSA mais à l’époque j’avais moins de 26 ans), et surtout chercher du travail dans le vent puisque pas de RQTH, pas d’aménagement…

Je n’ai pas envie de repasser par là et j’espère que mon homme saura se taire. Ou du moins, ne pas être trop méchant. Je sais que ce que m’a fait le médecin-conseil la dernière fois est intolérable et impardonnable, mais puisque la justice ne veut pas me donner raison, il va falloir faire avec. Et espérer avoir la possibilité de déménager avant la prochaine fois (et si j’y parviens, ne pas tomber sur un médecin-conseil encore pire, tant qu’à faire)…